Doug Allen

doug-allenLes quatre facettes de ma vie professionnelle, celles d’historien, de guérisseur, d’écrivain et d’enseignant, ont été mises en lumière de différentes façons à différents moments durant le parcours qui m’a mené jusqu’à aujourd’hui. Elles sont étroitement et inextricablement liées, comme les brins d’une corde. Nous guérissons et enseignons aux autres et à nous-mêmes lorsque nous nous penchons sur le passé de notre pays et sur notre histoire personnelle. Nous avons recours à notre compréhension du passé, même lorsque nous écrivons au sujet de l’avenir. En écrivant, on enseigne. En guérissant, on comprend. Tout devient de l’histoire, même le moment présent le deviendra.

Le but a toujours été de trouver une façon de faire régner un niveau plus grand de justice dans le monde, particulièrement dans le monde des enfants, mais également dans celui des adultes qu’ils deviendront. Au seuil de la science médicale, sentant la frustration de ses limites face aux disparités socioéconomiques, nous cherchons des réponses à de vieux problèmes en sondant de nouvelles directions. Le problème n’est pas toujours lié au financement, à l’engagement ou à la volonté politique, mais souvent à la compréhension et à l’acceptation du monde tel qu’il est. Il me semble à présent que la réponse réside dans l’importance accordée à l’éducation, à notre volonté de nous instruire nous-mêmes, d’instruire nos enfants, à la volonté d’écouter nos cœurs, les enfants et les enfants autochtones de notre ancienne terre.

L’aventure ne sera jamais terminée. Le chemin se sépare. Comme l’a dit Robert Frost, « Le chemin mène à un chemin ». Mais prendre le chemin moins fréquenté, le chemin qui compte peu de gens prônant des solutions d’hier aux problèmes d’un future encore inconnu, le chemin qui semble se diriger trop directement vers des solutions simples et promises, semble valoir la peine. Nous avons besoin de paix et de compréhension. Nous devons tenir tête au tyran de la cour d’école, au tyran d’un système socioéconomique qui marginalise notre peuple autochtone et, en ce faisant, marginalise la population canadienne et l’éloigne d’elle-même et de son passé. La réponse réside quelque part entre la guérison et l’histoire. L’utilisation de l’histoire en vue de guérir paraît noble. La réponse peut résider dans ce que nous enseignons à nos enfants et, en ce faisant, ce que nous nous enseignons à nous-mêmes. Elle peut résider quelque part dans notre souhait que l’éducation nous mette sur le droit chemin. Un système qui doit non seulement enseigner à nos enfants d’où ils viennent, leur révéler de quoi leur parle l’esprit de notre pays, mais qui permet aux autochtones de guérir en comprenant leur passé et qui les encourage à s’engager avec confiance vers l’avenir. Guérir de cette manière peut possiblement se propager comme des ondes créées par un caillou sur la surface de l’eau. Nous nous guérissons nous-même en nous guérissant mutuellement.

La guérison, l’histoire, l’écriture et l’enseignement sont possiblement des facettes différentes d’une même prière. Elles sont toutes axées vers un centre spirituel et ancrées autant dans le passé que le présent.